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Roland Garros 1982 Mats Wilander jeune vainqueur !

08/03/2009

Roland Garros 1982 : Après Borg, un autre Suédois gagne… Mats Wilander

Roland Garros 1982 : Mats Wilander bat Guillermo Vilas

Quand vient l’heure des Internationaux de France, en l’absence de Borg et de Mc Enroe blessé, le favori logique est devenu Ivan Lendl qui vient de battre Mc Enroe en finale de la World Cup Championship Tennis à Dallas. Entre octobre 1981 et mai 1982, le champion Tchécoslovaque a disputé 17 tournois et n’en a perdu que 3 en finale, dont une face à Yannick Noah à La Quinta en Californie après une partie de haut vol.
Lendl arrive donc à Paris, auréolé de 80 victoires en tournoi du Grand Prix.

Et pourtant, c’est un Suédois qui va encore s’imposer à Roland Garros. C’est le sosie tennistique de Borg. Blond, appliqué, calme, patient et clairvoyant, son tennis n’est ni impressionnant, ni spectaculaire.
Mais il renvoie tout, mieux et une fois de plus que l’adversaire. Peu connu du public, Mats Wilander, originaire d’une toute petite ville suédoise (Vaxjo), a fait son chemin dans l’ombre de Borg avec toute une équipe de jeunes vikings qui s’appellent Gunnarson, Hogstedt, Jarryd, Nystrom, Simonsson. Ils sont tous très bons mais Wilander, à ce jour, est le mieux classé à l’ATP. 283ème en 1980, 69ème en 1981, il est désormais 18ème mondial, et à Roland Garros, sans crier gare, il élimine une flopée de joueurs. Son premier gros client est Lendl qu’il bat en 5 sets, à l’usure, comme Borg.
« Il a joué trop long, explique le Tchécoslovaque, je ne pouvais pas attaquer ».
Ensuite, Mats se paie Vitas Gerulaitis en 4 sets, et l’Américain déclare : « Il n’y a rien à faire, il est trop régulier ».

Contre l’Argentin José – Luis Clerc en demi-finales, il se révèle doué d’un sang froid exceptionnel. Au 4ème set, alors qu’il mène 6 jeux à 5, il refuse une balle de match jugée bonne par l’arbitre et demande que l’on accorde un sursis à son adversaire.
« Je ne veux pas, dit-il, gagner sur une balle douteuse ».
Il se qualifie par 7 jeux à 5 et rencontre Guillermo Vilas en finale. Le bel hidalgo au regard de braise et au torse bombé a remporté quelques semaines plus tôt l’Open de Monte Carlo, et a profité de l’occasion pour passer du bon temps et graisser son manche avec la princesse Caroline.

Sous un soleil de plomb depuis 14 heures, Vilas et Wilander se renvoient la balle inlassablement du fond du court. De chaque côté du filet, à intervalles réguliers, la balle monte vers le ciel, retombe en vrille sur le terrain et repart de l’autre côté, comme animée d’un mouvement perpétuel. C’est même agaçant, ennuyeux et insipide.
18h15 : Ils jouent depuis plus de 4 heures. Vilas a remporté le 1er set, Wilander les deux suivants. Vilas, après avoir renvoyé la balle 68 fois, vient abréger l’échange au filet. Il mène 3 jeux à 2 dans le 4ème set.
« Prochaine volée vers 18h40, murmure un spectateur ».
Le docteur Talbot, expert en médecine sportive, donne quelques espoirs : « A égalité des forces, c’est celui qui a le plus petit volume musculaire qui doit l’emporter. Dans un muscle, il y a 70% d’eau. Wilander devrait mieux résister à la déshydratation que Vilas. Dans le désert, c’est toujours le plus maigre qui s’en sort ».
Le docteur avait raison ; à coup de lifts, Wilander gagne le 4ème set et nous libère de cette finale marathon.
Le Suédois crée la sensation et devient, à 17 ans et demi, en 1982, le plus jeune vainqueur de l’histoire du tournoi de Roland Garros.

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L’affaire Guillermo Vilas à Rotterdam

13/02/2009

1983 : L’affaire Guillermo VILAS à Rotterdam, les prémices du dirigeantisme dans le tennis

Guillermo Vilas

Idole d’un pays, l’Argentine, mobilisateur d’un continent, l’Amérique du Sud qui découvrit le tennis à travers ses exploits, ami fidèle, travailleur acharné (une épaule gauche hypertrophiée par les heures d’entraînement), modèle de sportivité et de combativité, meilleur joueur du monde en 1977, vainqueur à Roland Garros et à Forest Hills, poète sincère, passionné de musique, homme accompli, tout cela n’a pas empêché le beau Guillermo d’être cité au banc de accusés pour un règlement de comptes en fait politique qui ne le concernait pas vraiment

Accusé sans preuve réelle jusqu’à ce jour de 1983, victime d’un acte de délation pour « dessous de table », Guillermo Vilas a été dénoncé par le tournoi de Rotterdam en échange d’un acquittement pour des fautes commises par ses organisateurs.

Qui voudrait privé ce joueur admiré de tous et surtout de toutes - n’est-ce pas Mesdames ? - de cette passion : le tennis.

Il est vrai que l’Argentin, velu comme un grizzli, n’a jamais laissé indifférente la gent féminine. Quand il est sur le circuit, le « matador des courts » laisse souvent entendre que, chaque soir, une jolie fille différente entre dans sa chambre d’hôtel.

Et d’après certaines, ses performances et exploits ne se limiteraient pas au tennis et à son seul manche de raquette. Mais là n’est pas le sujet…

Un an de suspension. Un an sans jouer. Peu importe qu’il ait trente et un ans, quinze ans ou cinquante ans. Un an pour rien.

Condamné à ne plus pratiquer son sport lorsque l’on sait que des milliers de joueurs se tiennent comme des « cochons » tous les jours sur un court et en toute impunité.

Allons, une fois de plus on sectionne, à priori, à l’aide d’un règlement qui ne sera plus le même en 1984 (voir la condamnation de Jimmy Connors en 1974 pour l’Interville, ou celle de Borg pour le nombre de tournois du Grand Prix à jouer en 1981).

Allons, messieurs du Conseil et les représentants des joueurs, réfléchissez un peu, ce n’est pas en sanctionnant aveuglément que l’on fait avancer le tennis. Et ce n’est sûrement pas en tapant dans le dos d’un Vilas que l’on gagne en crédibilité aux yeux du public qui est le nerf de la guerre dans ce sport devenu aussi un grand spectacle et un phénomène de société.

Comme l’a dit Mc Enroe à Wimbledon après sa victoire face à Chris Lewis, pour défendre Guillermo : « Il ne faudrait pas que certains dirigeants croient être les vedettes d’un sport dont ils sont, pour la plupart, que des exécutants ».

Quant à Yannick Noah, suspendu lui aussi plusieurs semaines pour ne pas s’être présenté sur le court lors de la Coupe des Nations à Dusseldorf alors que tout le monde l’attendait (public, joueurs, arbitres), il se range bien évidemment derrière Vilas: « Par respect pour Guillermo, je ne participerai plus au tournoi de Rotterdam durant quelques saisons »

Avertissement solennel et avisé. Oui messieurs les bureaucrates, attention à cette maladie pernicieuse que l’on appelle le dirigeantisme.

1983 , ,