Roland Garros 1983 victoire de Yannick Noah !
50 millions de Yannick Noah à Roland Garros 1983

Une préparation minutieuse, une technique désormais très au point, le meilleur physique du tournoi et le meilleur rapport détente – vélocité – dynamisme - puissance, et un public acquis à son jeu. Oui, Yannick Noah a mérité son Roland Garros.
Ne jouant pas à 100 % en première semaine, il a pourtant dominé ses adversaires en les contrôlant de bout en bout.
Mené au score dans les premiers sets contre l’américain Pat Dupré au 3ème tour ou l’Australien John Alexander en huitième de finale, il est à chaque fois revenu sans heurt, sans jouer comme auparavant le couteau entre les dents.
Quand il fallait produire un effort, il le faisait à sa main et comme pour contredire ses détracteurs de début de saison, il mit un point d’honneur à bien relancer, retourner long en revers, et c’est en cela que l’on peut juger ses progrès.
Désormais, Noah pouvait gagner sans compter sur son service extraordinaire, au demeurant le plus fiable au monde sur le plan technique, d’après les spécialistes. Oui, désormais, son jeu était complet.
Contre Lendl, son ennemi de toujours, il domina en force cette fois, en physique mais aussi en force de caractère. Noah s’est battu comme il sait le faire en s’engageant totalement physiquement, techniquement, mais aussi avec son orgueil et son amour – propre, et c’est sur ces deux points qu’il a fait la différence avec un Lendl qui n’aime pas devoir se bagarrer et lutter. Lendl n’est pas assez humble pour cela. Ou il domine, ou il craque : il n’y a pas chez lui de moyen terme et c’est ce qui l’empêche parfois de concrétiser une supériorité moyenne pourtant extraordinaire.
Dans le récital Noah, on imaginait mal Roger – Vasselin lui prendre la vedette en demie finale ; puis tout était réussi pour une super finale contre le déjà vainqueur à son âge de l’année passée, Mats Wilander.
Là, Noah était trop costaud : on avait l’impression d’assister à un match entre deux boxeurs ne boxant pas dans la même catégorie, et qui plus est, dont l’un était puncher : le grand, et dont l’autre était un boxeur aux points : le petit.
Combat disproportionné que seule la peur, celle d’une victoire dans un tournoi du Grand Chelem, pouvait empêcher Noah de conclure au 3ème set.
Il n’aurait pas fallu en effet que Wilander gagne le 3ème set, car Noah était au comble de l’excitation, mais avec des si….
Noah avait donc remporté son tournoi, mais suspendu et peu enclin à jouer sur herbe, il a décidé juste après de ne pas disputer la Coupe Davis et de se concentrer en faisant l’impasse sur Wimbledon, pour le mois d’août et la préparation de Flushing Meadow : un tournoi que son nouvel appétit et sa nouvelle ambition lui faisaient envisager avec un moral de vainqueur.
Oui, Noah avait mûri depuis la finale de Grenoble de Coupe Davis 1982 perdue face aux Etats-Unis de John Mc Enroe.
En résumé, dans ce Roland Garros 1983, le parcours de Yannick fut étincelant : victoire sur Jarryd 6/1, 6/0, 6/2, victoire sur Pecci 6/4 6/3 6/3, victoire sur Dupré 7/5 7/6 6/2, victoire sur Alexander 6/2 7/6 6/1, victoire sur Lendl 7/6, 6/2, 5/7 6/0, victoire sur Roger – Vasselin 6/3 6/0 6/0, et enfin victoire sur Wilander 6/2 7/5 7/6.
A une manche près, Noah réalisait l’exploit parfait. En effet, sans ce 3ème set bêtement concédé à Lendl en quart de finale, Yannick aurait rejoint Nastase et Borg qui, en leur temps, écrasèrent le tournoi sans perdre le moindre set.
Après la finale, ce fut la liesse aussi bien dans les médias que dans la maison de Noah à Nainville les Roches (Essonne).
La nuit du 5 au 6 juin 1983 fut mémorable. Après avoir répondu à toutes les sollicitations, l’idole de tout un peuple rentra chez lui où une foule d’amis et d’invités surprises l’attendait pour fêter comme il se devait ce triomphe mythique. Et parmi les fidèles, Jean-Louis Aubert et Louis Bertignac, membres du plus grand groupe de rock français (Téléphone), avaient réservé une belle surprise à leur ami sportif en improvisant, guitare en main, des bœufs mémorables …
Au final, Noah remporta 23 titres en simple dans sa carrière dont ce fameux Roland Garros et presque autant en double. Il fut n°3 mondial en simple (meilleur classement en 1986) et n°1 mondial en double.
Quelques années après la fin de sa carrière, le champion français déclara : « tout le travail que j’ai abattu en 1983 pour gagner Roland Garros, je ne l’avais jamais fait avant, et je ne l’ai plus jamais refait après ». On comprit alors qu’il avait atteint en 1983 son but suprême, et qu’il n’avait plus de réelle ambition pour la suite de sa carrière de joueur. Il ajouta tout de même : « Le seul regret que je peux avoir, c’est l’année 1986 où je suis au dessus de tout le monde. Cette année là, je dois gagner Roland…. Sans cette maudite blessure, sans cette maudite valise qui me tombe sur le pied… »















yannick je t aimais je t aime et je t aimerais tu est un super mec tout ce que tu fais c est beau merci d etre ce que tu est