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Roland Garros 1980 : Noah - Connors

Roland Garros 1980 : Noah, une déchirure, un drame

Blessure de Noah contre Connors à Roland Garros 1980

Le 1er juin 1980. Un dimanche, un jour de fête pour les 18 000 spectateurs du Court Central qui étaient venus voir évoluer le « chouchou » de toujours, Jimmy Connors, et la nouvelle étoile montante du tennis, Yannick Noah, tout juste 20 ans, le dernier rescapé français, opposé en huitièmes de finale. Une date, un rendez-vous manqué dont se souvient encore, pour toujours peut-être, le tennisman n°1 de l’hexagone, contraint à l’abandon sur blessure, après deux sets perdus joués à un très haut niveau tennistique…

Connors

et Noah jouaient déjà depuis un bon moment. L’Américain, mené 4/5, avait arraché le premier set et, dans le deuxième set, malgré le retour du Français de 2/5 à 4/5, il dirigeait encore la partie, étant même en possession d’une balle de set qu’il gâchait par un retour dans le filet. Et ce fut alors le drame…
Connors à la volée exécute une amortie sur laquelle Noah court, court, sans réussite, et au bout de ces longues enjambées, un grand écart fatal, une longue glissade en déséquilibre. Un cri. Une douleur terrible. L’immense athlète qu’est Noah est à terre. Le public est effondré. C’est la consternation sur le Central…

Noah, grimaçant, se relève avec le soutien de Jimmy. Il regagne sa chaise, cherchant du regard une aide qui n’arrive pas. Après trois minutes d’incertitude, il revient sur le court, sans espoir, la blessure musculaire est trop profonde. Il set une première balle dans le filet. Sur la seconde, il ne peut pas démarrer sur le retour de Connors et il décide sagement d’abandonner, les larmes dans les yeux…

Sort cruel et tragique pour Noah qui méritait de défendre complètement ses chances devant Connors. Certes, l’Américain avait dominé le Français, se régalant sur les balles puissantes de ce dernier. Mais avant sa terrible déchirure musculaire aux ischio-jambiers gauches, il n’avait jamais été très loin de son adversaire, tout en ne jouant pas à son maximum. Alors ?…

On reprocha à Noah d’avoir pris trop de risques sur cette amortie qu’il ne pouvait pas sciemment rattraper. On l’accusa de « faire du cinéma » N’est-ce pas M. Quidet ?!
Enfin, on entendit même : « c’est la plus belle sortie pour lui ». Un peu triste tout cela quand on connaît la rage de vaincre du Français, sa formidable volonté de terrasser l’adversaire à la manière américaine. « The Killer Instinct », comme on dit là-bas. Connors était objectif : « C’était une balle difficile pour Yannick. Mais il devait tenter quelque chose car elle était très importante ».

Noah Connors

Quoiqu’il en soit, cette blessure gâcha une bonne partie de la saison estivale de Noah. Non seulement, il déclara forfait en Coupe Davis, contre la Tchécoslovaquie – un match que la France pouvait gagner avec lui, bien que se jouant à Prague -, mais il renonça aussi au tournoi de Wimbledon, dans lequel il avait été désigné tête de série n°12.

Dommage… car Noah, après un début d’année incertain, avait retrouvé le moral après les tournois de Los Angeles et de Las Vegas, et une semaine de stage chez le « sorcier » australien Harry Hopmann, à Tampa, en Floride.
Le contraste était frappant entre le Noah de la Coupe Davis contre l’URSS (battu par Borisov), le Noah du tournoi de Nice (battu par Luna au second tour) et le Noah doté d’une ardeur nouvelle qui trouva une juste récompense à ses efforts pour revenir au premier plan avec notamment une place de finaliste aux Internationaux d’Italie à Rome (battu par un Vilas trop costaud), la première de sa carrière dans une épreuve prestigieuse, suivie de deux succès probants à Roland Garros, contre José Luis Clerc et Eliott Teltscher…

Pour la petite anecdote, en cette 1980, on tourna à Roland Garros un épisode de la série télévisée « Salut champions », avec comme personnages principaux, les acteurs Chantal Nobel (reporter sportif) et le beau frisé Michel Robbe dans le rôle d’un champion de tennis au regard bleu azur, dénommé Forester, et sur lequel on fonde de grands espoirs mais qui va vite se déconcentrer en raison d’une forte attirance pour la charmante journaliste…

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