Bjorn Borg : un palmarès exceptionnel
Bjorn Borg c’est 6 Roland Garros et 5 Wimbledon
Champion précoce, il a atteint rapidement un degré de notoriété qui en fit le sportif le plus célèbre de la planète…
En mai 1972, le monde du tennis découvrait un jeune phénomène. Lors de la rencontre de Coupe Davis Suède - Nouvelle Zélande, un certain Bjorn Borg s’imposait dans le premier simple après avoir été mené 2 sets à rien. Agé de moins de 16 ans, il entrait dans l’histoire du tennis comme le plus jeune vainqueur d’un match de Coupe Davis.
Le troisième jour, il confirmait la confiance placée dans des dispositions précoces en gagnant également sa seconde confrontation. Dès lors, devinant que l’on avait affaire à un élément d’exception, tout le monde se mit en mesure de savoir d’où venait ce joueur au redoutable coup droit lifté et au sensationnel revers à deux mains qui attaquait du fond de court.
Du matin au soir
Renseignements pris, il avait débuté à 9 ans avec une raquette gagnée par son père dans un tournoi de tennis de table. Inlassablement, déjà, il renvoyait la balle contre la porte du garage paternel. Entré dans un club, il continuait du matin au soir. Jusqu’à ce que Percy Rosberg, le meilleur entraineur suédois, le remarque et, frappé par les incroyables donts affichés par le gamin, décide de le former.
Chaque jour, Borg allait continuer à se perfectionner, accomplissant des progrès extrêmement spectaculaires. Une collection de coupes ne tardait pas à récompenser une telle assiduité et une telle volonté. A 15 ans, libéré de toute obligation scolaire et ayant obtenu non sans difficultés l’accord de ces parents, il décide de consacrer l’intégralité de son temps au tennis.
Impassibilité acquise
Après avoir remporté l’Orange Bowl des moins de 16 ans à Miami, puis six mois plus tard, en 1972, le tournoi junior à Wimbledon, et en fin de saison l’Orange Bowl des moins de … 18 ans, Borg accédait tout simplement à la finale du tournoi de Monte-Carlo 1973, battu seulement par l’extraordinaire roumain Ilie Nastase.
Déjà, on remarquait son impassibilité sur un court et l’extrême concentration qui soustendait chacune de ses actions. A la vérité, il est bon de préciser que cette attitude était totalement acquise et qu’elle avait été longuement travaillée. Intelligent et rigoureux, il s’était aperçu en effet qu’il ne ferait que gâcher ses chances de parvenir au top niveau s’il ne réussissait pas à dominer un tempérament bouillant.
Car le jeune Bjorn était en fait un angoissé, un inquiet. Un jour, il était sorti de ses gonds à cause d’une balle litigieuse face à un adversaire pourtant nettement à sa portée. Hors de lui, il n’avait plus su par quel bout prendre la partie et il la perdait. Il n’allait jamais oublier la leçon et décidait dès lors d’adopter un comportement impeccable en toutes circonstances.
Les résultats n’allaient pas tarder. A moins de 17 ans, il parvenait en huitième de finale à Roland Garros, battu seulement par le grand italien Adriano Panatta. A Wimbledon, le suédois au visage d’ange faisait un malheur.
“A star is Bjorn”
Le public britannique tombe amoureux de cet adolescent. Ce fut même de l’hystérie collective de la part des écolières londoniennes qui, tout juste sortie de l’ère des Beatles, trouvaient en la personne de Bjorn Borg une nouvelle idole.
Le Daily Mirror titrait “A star is Bjorn” faisant référence au titre d’un beau film avec Judy Garland “A star is born”. Il est vrai que la curiosité populaire s’était transformée en admiration : faisant preuve d’un tempérament de feu et démontrant des nerfs d’acier, ce blondinet parvenait tout simplement en quart de finale.
C’était apporter la preuve définitive qu’on se trouvait là en présence d’un cas. Son palmarès allait démontrer éloquemment le bien fondé d’une semblable et peu risquée prédiction.
Si l’US Open s’est toujours refusé à lui, il a donc triomphé six fois à Roland Garros et cinq fois à Wimbledon, ce qui est tout simplement prodigieux. Et pourtant, combien de techniciens n’avaient pas été jusqu’à prétendre que ce fantastique serveur et relanceur, ses passing shots notamment, étaient des modèles du genre, ne pourrait jamais s’adapter au gazon de Wimbledon !
De 1975 à 1981, il aligna même une impressionnante série de 41 victoires consécutives précédent record : 31 victoires par l’australien Rod Laver, à laquelle mit fin un autre génie du nom de John McEnroe.
Ice Borg
Comme les duels avec Connors, les rencontres avec McEnroe nous ont fourni de purs chefs d’oeuvre du tennis. Tel ce tie break du 5 juillet 1980, en finale à Wimbledon qui se termina par 18-16 en faveur du suédois et qui atteignit des sommets de ce que peuvent faire deux hommes munis d’une raquette.
Souple et rapide, calme et endurant, exigeant avec lui même et dur au mal, émotif et tendre, gentil et disponible : voilà en quelques touches rapides comment on pourrait le dépeindre.
Surnomé bien à tort “Ice Borg”, Bjorn Borg aura marqué de son empreinte l’histoire du sport dans son ensemble.
Le palmarès de Bjorn Borg
- Coupe Davis 1975
- Roland Garros vainqueur en 1974 (Orantes), 1975 (Vilas), 1978 (Vilas), 1979 (Pecci), 1980 (Gerualitis) et 1981 (Lendl)
- Wimbledon vainqueur en 1976 (Nastase), 1977 (Connors), 1978 (Connors), 1979 (Tanner), 1980 (McEnroe), finaliste en 1981 (battu par McEnroe)
- US Open : finaliste en 1976 (battu par Connors), 1978 (battu par Connors), 1980 et 1981 (battu par McEnroe)
- Masters : vainqueur en 1979 (Gerualitis) et 1980 (Lendl)
- 100 titres en simple
- N°1 mondial en fin d’année en 1979 et 1980
Arrêt en 1983
Après avoir tergiversé à partir de début 1982, il a abandonné la compétition en 1983, par lassitude plus morale que physique. Il tenta un retour à la compétition à 35 ans en 1991 mais, utilisant toujours sa vieille raquette en bois, il accumula les défaites au premier tour. Il joua son dernier match en 1993.
Vidéo de Bjorn Borg






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