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Roland Garros 1982 Mats Wilander jeune vainqueur !

08/03/2009

Roland Garros 1982 : Après Borg, un autre Suédois gagne… Mats Wilander

Roland Garros 1982 : Mats Wilander bat Guillermo Vilas

Quand vient l’heure des Internationaux de France, en l’absence de Borg et de Mc Enroe blessé, le favori logique est devenu Ivan Lendl qui vient de battre Mc Enroe en finale de la World Cup Championship Tennis à Dallas. Entre octobre 1981 et mai 1982, le champion Tchécoslovaque a disputé 17 tournois et n’en a perdu que 3 en finale, dont une face à Yannick Noah à La Quinta en Californie après une partie de haut vol.
Lendl arrive donc à Paris, auréolé de 80 victoires en tournoi du Grand Prix.

Et pourtant, c’est un Suédois qui va encore s’imposer à Roland Garros. C’est le sosie tennistique de Borg. Blond, appliqué, calme, patient et clairvoyant, son tennis n’est ni impressionnant, ni spectaculaire.
Mais il renvoie tout, mieux et une fois de plus que l’adversaire. Peu connu du public, Mats Wilander, originaire d’une toute petite ville suédoise (Vaxjo), a fait son chemin dans l’ombre de Borg avec toute une équipe de jeunes vikings qui s’appellent Gunnarson, Hogstedt, Jarryd, Nystrom, Simonsson. Ils sont tous très bons mais Wilander, à ce jour, est le mieux classé à l’ATP. 283ème en 1980, 69ème en 1981, il est désormais 18ème mondial, et à Roland Garros, sans crier gare, il élimine une flopée de joueurs. Son premier gros client est Lendl qu’il bat en 5 sets, à l’usure, comme Borg.
« Il a joué trop long, explique le Tchécoslovaque, je ne pouvais pas attaquer ».
Ensuite, Mats se paie Vitas Gerulaitis en 4 sets, et l’Américain déclare : « Il n’y a rien à faire, il est trop régulier ».

Contre l’Argentin José – Luis Clerc en demi-finales, il se révèle doué d’un sang froid exceptionnel. Au 4ème set, alors qu’il mène 6 jeux à 5, il refuse une balle de match jugée bonne par l’arbitre et demande que l’on accorde un sursis à son adversaire.
« Je ne veux pas, dit-il, gagner sur une balle douteuse ».
Il se qualifie par 7 jeux à 5 et rencontre Guillermo Vilas en finale. Le bel hidalgo au regard de braise et au torse bombé a remporté quelques semaines plus tôt l’Open de Monte Carlo, et a profité de l’occasion pour passer du bon temps et graisser son manche avec la princesse Caroline.

Sous un soleil de plomb depuis 14 heures, Vilas et Wilander se renvoient la balle inlassablement du fond du court. De chaque côté du filet, à intervalles réguliers, la balle monte vers le ciel, retombe en vrille sur le terrain et repart de l’autre côté, comme animée d’un mouvement perpétuel. C’est même agaçant, ennuyeux et insipide.
18h15 : Ils jouent depuis plus de 4 heures. Vilas a remporté le 1er set, Wilander les deux suivants. Vilas, après avoir renvoyé la balle 68 fois, vient abréger l’échange au filet. Il mène 3 jeux à 2 dans le 4ème set.
« Prochaine volée vers 18h40, murmure un spectateur ».
Le docteur Talbot, expert en médecine sportive, donne quelques espoirs : « A égalité des forces, c’est celui qui a le plus petit volume musculaire qui doit l’emporter. Dans un muscle, il y a 70% d’eau. Wilander devrait mieux résister à la déshydratation que Vilas. Dans le désert, c’est toujours le plus maigre qui s’en sort ».
Le docteur avait raison ; à coup de lifts, Wilander gagne le 4ème set et nous libère de cette finale marathon.
Le Suédois crée la sensation et devient, à 17 ans et demi, en 1982, le plus jeune vainqueur de l’histoire du tournoi de Roland Garros.

Roland Garros (Grand Chelem) , , ,

Roland Garros 1980 : Noah - Connors

15/02/2009

Roland Garros 1980 : Noah, une déchirure, un drame

Blessure de Noah contre Connors à Roland Garros 1980

Le 1er juin 1980. Un dimanche, un jour de fête pour les 18 000 spectateurs du Court Central qui étaient venus voir évoluer le « chouchou » de toujours, Jimmy Connors, et la nouvelle étoile montante du tennis, Yannick Noah, tout juste 20 ans, le dernier rescapé français, opposé en huitièmes de finale. Une date, un rendez-vous manqué dont se souvient encore, pour toujours peut-être, le tennisman n°1 de l’hexagone, contraint à l’abandon sur blessure, après deux sets perdus joués à un très haut niveau tennistique…

Connors

et Noah jouaient déjà depuis un bon moment. L’Américain, mené 4/5, avait arraché le premier set et, dans le deuxième set, malgré le retour du Français de 2/5 à 4/5, il dirigeait encore la partie, étant même en possession d’une balle de set qu’il gâchait par un retour dans le filet. Et ce fut alors le drame…
Connors à la volée exécute une amortie sur laquelle Noah court, court, sans réussite, et au bout de ces longues enjambées, un grand écart fatal, une longue glissade en déséquilibre. Un cri. Une douleur terrible. L’immense athlète qu’est Noah est à terre. Le public est effondré. C’est la consternation sur le Central…

Noah, grimaçant, se relève avec le soutien de Jimmy. Il regagne sa chaise, cherchant du regard une aide qui n’arrive pas. Après trois minutes d’incertitude, il revient sur le court, sans espoir, la blessure musculaire est trop profonde. Il set une première balle dans le filet. Sur la seconde, il ne peut pas démarrer sur le retour de Connors et il décide sagement d’abandonner, les larmes dans les yeux…

Sort cruel et tragique pour Noah qui méritait de défendre complètement ses chances devant Connors. Certes, l’Américain avait dominé le Français, se régalant sur les balles puissantes de ce dernier. Mais avant sa terrible déchirure musculaire aux ischio-jambiers gauches, il n’avait jamais été très loin de son adversaire, tout en ne jouant pas à son maximum. Alors ?…

On reprocha à Noah d’avoir pris trop de risques sur cette amortie qu’il ne pouvait pas sciemment rattraper. On l’accusa de « faire du cinéma » N’est-ce pas M. Quidet ?!
Enfin, on entendit même : « c’est la plus belle sortie pour lui ». Un peu triste tout cela quand on connaît la rage de vaincre du Français, sa formidable volonté de terrasser l’adversaire à la manière américaine. « The Killer Instinct », comme on dit là-bas. Connors était objectif : « C’était une balle difficile pour Yannick. Mais il devait tenter quelque chose car elle était très importante ».

Noah Connors

Quoiqu’il en soit, cette blessure gâcha une bonne partie de la saison estivale de Noah. Non seulement, il déclara forfait en Coupe Davis, contre la Tchécoslovaquie – un match que la France pouvait gagner avec lui, bien que se jouant à Prague -, mais il renonça aussi au tournoi de Wimbledon, dans lequel il avait été désigné tête de série n°12.

Dommage… car Noah, après un début d’année incertain, avait retrouvé le moral après les tournois de Los Angeles et de Las Vegas, et une semaine de stage chez le « sorcier » australien Harry Hopmann, à Tampa, en Floride.
Le contraste était frappant entre le Noah de la Coupe Davis contre l’URSS (battu par Borisov), le Noah du tournoi de Nice (battu par Luna au second tour) et le Noah doté d’une ardeur nouvelle qui trouva une juste récompense à ses efforts pour revenir au premier plan avec notamment une place de finaliste aux Internationaux d’Italie à Rome (battu par un Vilas trop costaud), la première de sa carrière dans une épreuve prestigieuse, suivie de deux succès probants à Roland Garros, contre José Luis Clerc et Eliott Teltscher…

Pour la petite anecdote, en cette 1980, on tourna à Roland Garros un épisode de la série télévisée « Salut champions », avec comme personnages principaux, les acteurs Chantal Nobel (reporter sportif) et le beau frisé Michel Robbe dans le rôle d’un champion de tennis au regard bleu azur, dénommé Forester, et sur lequel on fonde de grands espoirs mais qui va vite se déconcentrer en raison d’une forte attirance pour la charmante journaliste…

1980, Roland Garros (Grand Chelem) , ,

L’affaire Guillermo Vilas à Rotterdam

13/02/2009

1983 : L’affaire Guillermo VILAS à Rotterdam, les prémices du dirigeantisme dans le tennis

Guillermo Vilas

Idole d’un pays, l’Argentine, mobilisateur d’un continent, l’Amérique du Sud qui découvrit le tennis à travers ses exploits, ami fidèle, travailleur acharné (une épaule gauche hypertrophiée par les heures d’entraînement), modèle de sportivité et de combativité, meilleur joueur du monde en 1977, vainqueur à Roland Garros et à Forest Hills, poète sincère, passionné de musique, homme accompli, tout cela n’a pas empêché le beau Guillermo d’être cité au banc de accusés pour un règlement de comptes en fait politique qui ne le concernait pas vraiment

Accusé sans preuve réelle jusqu’à ce jour de 1983, victime d’un acte de délation pour « dessous de table », Guillermo Vilas a été dénoncé par le tournoi de Rotterdam en échange d’un acquittement pour des fautes commises par ses organisateurs.

Qui voudrait privé ce joueur admiré de tous et surtout de toutes - n’est-ce pas Mesdames ? - de cette passion : le tennis.

Il est vrai que l’Argentin, velu comme un grizzli, n’a jamais laissé indifférente la gent féminine. Quand il est sur le circuit, le « matador des courts » laisse souvent entendre que, chaque soir, une jolie fille différente entre dans sa chambre d’hôtel.

Et d’après certaines, ses performances et exploits ne se limiteraient pas au tennis et à son seul manche de raquette. Mais là n’est pas le sujet…

Un an de suspension. Un an sans jouer. Peu importe qu’il ait trente et un ans, quinze ans ou cinquante ans. Un an pour rien.

Condamné à ne plus pratiquer son sport lorsque l’on sait que des milliers de joueurs se tiennent comme des « cochons » tous les jours sur un court et en toute impunité.

Allons, une fois de plus on sectionne, à priori, à l’aide d’un règlement qui ne sera plus le même en 1984 (voir la condamnation de Jimmy Connors en 1974 pour l’Interville, ou celle de Borg pour le nombre de tournois du Grand Prix à jouer en 1981).

Allons, messieurs du Conseil et les représentants des joueurs, réfléchissez un peu, ce n’est pas en sanctionnant aveuglément que l’on fait avancer le tennis. Et ce n’est sûrement pas en tapant dans le dos d’un Vilas que l’on gagne en crédibilité aux yeux du public qui est le nerf de la guerre dans ce sport devenu aussi un grand spectacle et un phénomène de société.

Comme l’a dit Mc Enroe à Wimbledon après sa victoire face à Chris Lewis, pour défendre Guillermo : « Il ne faudrait pas que certains dirigeants croient être les vedettes d’un sport dont ils sont, pour la plupart, que des exécutants ».

Quant à Yannick Noah, suspendu lui aussi plusieurs semaines pour ne pas s’être présenté sur le court lors de la Coupe des Nations à Dusseldorf alors que tout le monde l’attendait (public, joueurs, arbitres), il se range bien évidemment derrière Vilas: « Par respect pour Guillermo, je ne participerai plus au tournoi de Rotterdam durant quelques saisons »

Avertissement solennel et avisé. Oui messieurs les bureaucrates, attention à cette maladie pernicieuse que l’on appelle le dirigeantisme.

1983 , ,

Roland Garros 1983 victoire de Yannick Noah !

10/02/2009

50 millions de Yannick Noah à Roland Garros 1983

Magnifique Noah

Une préparation minutieuse, une technique désormais très au point, le meilleur physique du tournoi et le meilleur rapport détente – vélocité – dynamisme - puissance, et un public acquis à son jeu. Oui, Yannick Noah a mérité son Roland Garros.

Ne jouant pas à 100 % en première semaine, il a pourtant dominé ses adversaires en les contrôlant de bout en bout.
Mené au score dans les premiers sets contre l’américain Pat Dupré au 3ème tour ou l’Australien John Alexander en huitième de finale, il est à chaque fois revenu sans heurt, sans jouer comme auparavant le couteau entre les dents.
Quand il fallait produire un effort, il le faisait à sa main et comme pour contredire ses détracteurs de début de saison, il mit un point d’honneur à bien relancer, retourner long en revers, et c’est en cela que l’on peut juger ses progrès.
Désormais, Noah pouvait gagner sans compter sur son service extraordinaire, au demeurant le plus fiable au monde sur le plan technique, d’après les spécialistes. Oui, désormais, son jeu était complet.

Contre Lendl, son ennemi de toujours, il domina en force cette fois, en physique mais aussi en force de caractère. Noah s’est battu comme il sait le faire en s’engageant totalement physiquement, techniquement, mais aussi avec son orgueil et son amour – propre, et c’est sur ces deux points qu’il a fait la différence avec un Lendl qui n’aime pas devoir se bagarrer et lutter. Lendl n’est pas assez humble pour cela. Ou il domine, ou il craque : il n’y a pas chez lui de moyen terme et c’est ce qui l’empêche parfois de concrétiser une supériorité moyenne pourtant extraordinaire.

Dans le récital Noah, on imaginait mal Roger – Vasselin lui prendre la vedette en demie finale ; puis tout était réussi pour une super finale contre le déjà vainqueur à son âge de l’année passée, Mats Wilander.

Là, Noah était trop costaud : on avait l’impression d’assister à un match entre deux boxeurs ne boxant pas dans la même catégorie, et qui plus est, dont l’un était puncher : le grand, et dont l’autre était un boxeur aux points : le petit.
Combat disproportionné que seule la peur, celle d’une victoire dans un tournoi du Grand Chelem, pouvait empêcher Noah de conclure au 3ème set.
Il n’aurait pas fallu en effet que Wilander gagne le 3ème set, car Noah était au comble de l’excitation, mais avec des si….

Noah avait donc remporté son tournoi, mais suspendu et peu enclin à jouer sur herbe, il a décidé juste après de ne pas disputer la Coupe Davis et de se concentrer en faisant l’impasse sur Wimbledon, pour le mois d’août et la préparation de Flushing Meadow : un tournoi que son nouvel appétit et sa nouvelle ambition lui faisaient envisager avec un moral de vainqueur.
Oui, Noah avait mûri depuis la finale de Grenoble de Coupe Davis 1982 perdue face aux Etats-Unis de John Mc Enroe.

En résumé, dans ce Roland Garros 1983, le parcours de Yannick fut étincelant : victoire sur Jarryd 6/1, 6/0, 6/2, victoire sur Pecci 6/4 6/3 6/3, victoire sur Dupré 7/5 7/6 6/2, victoire sur Alexander 6/2 7/6 6/1, victoire sur Lendl 7/6, 6/2, 5/7 6/0, victoire sur Roger – Vasselin 6/3 6/0 6/0, et enfin victoire sur Wilander 6/2 7/5 7/6.
A une manche près, Noah réalisait l’exploit parfait. En effet, sans ce 3ème set bêtement concédé à Lendl en quart de finale, Yannick aurait rejoint Nastase et Borg qui, en leur temps, écrasèrent le tournoi sans perdre le moindre set.

Après la finale, ce fut la liesse aussi bien dans les médias que dans la maison de Noah à Nainville les Roches (Essonne).
La nuit du 5 au 6 juin 1983 fut mémorable. Après avoir répondu à toutes les sollicitations, l’idole de tout un peuple rentra chez lui où une foule d’amis et d’invités surprises l’attendait pour fêter comme il se devait ce triomphe mythique. Et parmi les fidèles, Jean-Louis Aubert et Louis Bertignac, membres du plus grand groupe de rock français (Téléphone), avaient réservé une belle surprise à leur ami sportif en improvisant, guitare en main, des bœufs mémorables …

Au final, Noah remporta 23 titres en simple dans sa carrière dont ce fameux Roland Garros et presque autant en double. Il fut n°3 mondial en simple (meilleur classement en 1986) et n°1 mondial en double.

Quelques années après la fin de sa carrière, le champion français déclara : « tout le travail que j’ai abattu en 1983 pour gagner Roland Garros, je ne l’avais jamais fait avant, et je ne l’ai plus jamais refait après ». On comprit alors qu’il avait atteint en 1983 son but suprême, et qu’il n’avait plus de réelle ambition pour la suite de sa carrière de joueur. Il ajouta tout de même : « Le seul regret que je peux avoir, c’est l’année 1986 où je suis au dessus de tout le monde. Cette année là, je dois gagner Roland…. Sans cette maudite blessure, sans cette maudite valise qui me tombe sur le pied… »

1983, Roland Garros (Grand Chelem)

US Open 1983 : Connors bat Lendl

07/02/2009

US OPEN 1983 : Jimmy Connors, “l’éternel survivant”

US Open 1983 : le meilleur c'est Jimmy Connors

Jimmy Connors n’avait pas voulu interrompre la formidable série qui fait de Flushning Meadow le territoire protégé des gauchers.

En effet, depuis 1973, la dernière victoire d’un droitier (John Newcombe), ce tournoi n’avait été remporté que par des gauchers : Vilas et Orantès une fois chacun, Mc Enroe trois fois de suite, et Connors cinq fois, ajoutant à cet exploit, le caractère inégalable de victoires obtenues sur trois surfaces différentes. La 1ère sur gazon à Forest Hills, la seconde et la 3ème sur terre battue toujours à Forest Hills qui avait changé de surface et les deux dernières années consécutives sur le ciment de Flushing Meadow.

Et pourtant cette année 1983, Connors ne s’annonçait pas comme irrésistible. Il avait perdu beaucoup de matchs au cours de la saison mais la bête blessée allait retrouver, grâce à son orgueil, son enthousiasme et sa soif de gagner d’un junior, tout son tennis en l’espace de quinze jours.

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En finale, il avait plusieurs handicaps : Lendl d’abord qui l’avait battu plusieurs fois au cours de la saison et dont il devait casser d’entrée la confiance, son pied droit entaillé qui le faisait souffrir, la chaleur accablante (40° C) qui pouvait avoir raison de lui en cas de match très long, et enfin, une diarrhée qui s’était déclenchée le matin de la finale et qui l’obligea à quitter le court 4 minutes au milieu du match.

Qui aurait parié sur Connors lorsque Lendl est revenu à 1 set partout. Peu de spectateurs en tous cas.
Mais Connors décida alors de changer sa tactique : il se mit à monter de plus en plus (et même sur le coup droit de Lendl !). Il mit de plus en plus de pression sur un joueur que le doute envahissait progressivement, et qui ne pouvait s’habituer à ce changement brutal de tactique. Sur les points importants, il fit même des aces, jetant toutes ses forces dans la bataille.

Il gomma tous ses mauvais gestes et même ses jurons.
Il devint un joueur parfait économisant ses forces d’un côté pour mieux les exploiter de l’autre.
Avec 6/0 au 4ème set, sereinement le poing levé, Connors s’avança pour serrer la main d’un adversaire intrinsèquement supérieur, mais qu’il avait su « estomaquer » quand il le fallait.

Jimmy Connors 1983

Décidément, Connors était unique et à 31 ans déjà, après une saison moyenne, Jimbo venait de se replacer et de remporter le tournoi que l’on dit le plus difficile à gagner et qui est si cher au cœur d’un Américain.
Une seule personne avait peut-être flairé le retour du lion : sa femme Patti. Cette dernière avait quitté le foyer conjugal depuis quelques temps, et réapparut au bercail lors de cet US Open 1983 …… pour voir son Jimbo soulever le gros chèque du vainqueur !!!! Comme par hasard….

Jimmy Connors : vidéo de sa victoire (prochainement)

Connors bat Lendl 6-3 6-7 7-5 6-0

US OPEN 1983 finale Connors Lendl

1983, US Open (Grand Chelem)

Finale Wimbledon 1980 : Borg bat Mc Enroe

31/01/2009

borg mcenroeLE TIE – BREAK DU XXème Siècle !

34 points. Un suspense unique. Une qualité de jeu exceptionnelle. Des points invraisemblables. Ce fut le tie – break du 4ème set de la finale de Wimbledon 1980 entre les deux géants du moment : Borg et Mc Enroe. Des balles de match sauvées. Des balles de set sauvées. Un bras de fer violent et intense de bout en bout, suivi par des milliers de spectateurs et des millions de téléspectateurs transportés par l’émotion.

« Jamais je n’oublierai ce tie – break », dit Borg. Jamais aussi nous ne l’oublierons, ce tie - break du XXème Siècle, cette époque de rêve qui fit vibrer tous les témoins de cet événement, l’un des plus grands moments de l’histoire du tennis.

Tie – break, un nom, une formule qui fit sursauter les traditionalistes lorsqu’il apparut sur la scène tennistique au début des années 70. Pour les besoins de la télévision, les Américains trouvèrent ce moyen ingénieux afin d’abréger les parties et éviter des marathons du genre de celui qu’on enregistra à Wimbledon en 1969 entre Pancho Gonzalès et Charlie Pasarrell : 112 jeux sur 5 sets (22/24 1/6 16/14 6/3, 11/9).

Longtemps le tie – break constitua une formule bâtarde, jugée comme une sorte de loterie. Mais peu à peu, il entra dans les mœurs et l’on finit par admettre que le système était bon, qu’il apportait même un supplément d’émotion dans le jeu. Bref, que cette innovation, dans des règles centenaires, était positive.

borg tie-break wimbledon

Avant cet affrontement de Wimbledon 1980, Borg fut curieusement déjà co-auteur de deux tie – breaks retentissants : le premier se situa à Wimbledon en 1973 au 1er tour contre l’indien Premjit Lall. Le suédois, qui était alors âgé de 17 ans, l’emporta par 20 points à 18, ce qui constituait à l’époque un record de longueur. Le deuxième eut lieu en finale de Forest-Hills en 1976, contre un certain Jimmy Connors qui s’adjugea le 3ème set par 11 points à 9. A cette époque, l’Américain commençait déjà à se tripoter les test… entre les points.

mcenroe wimbledon 1980

Mais ces deux épisodes n’atteignirent jamais l’intensité dramatique du tie – break de Wimbledon 1980 dont chaque point fut un spectacle inoubliable.
C’est John Mc Enroe qui remporta ce fameux jeu décisif (appellation actuelle française) du 4ème set sur le score de…….18 – 16.
Mais c’est finalement Bjorn Borg qui remporta le match 8/6 au 5ème set.

On apprit le lendemain de cette prodigieuse finale que le suédois était blessé depuis quelques jours. En effet, « Ice Borg », tel qu’on le surnommait à l’époque, souffrait d’une  élongation musculaire abdominale. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le secret fut bien gardé pendant cette quinzaine londonienne de 1980.

 

 

Revivez le fameux tie break entre Borg et Mc Enroe

Résumé du match Borg vs Mc Enroe en finale de Wimbledon 1980

1980, Wimbledon (Grand Chelem)

Le National 1980 : des jeunes bien prometteurs

29/01/2009

Le National 1980 : Yannick Noah vainqueur de Thierry Tulasne

Yannick Noah, 20 ans, Thierry Tulasne, 17 ans, Pascal Portes, 21 ans, Jérôme Potier, 18 ans. Une moyenne d’âge de 19 ans. Jamais le championnat de France professionnel dont l’édition 1980 eut lieu à Bayonne ne réunit quatre joueurs aussi jeunes à l’occasion des demi finales. C’est bien la preuve qu’un renouvellement était en train de s’opérer de façon spectaculaire dans le tennis français avec des perspectives d’avenir tout à fait intéressantes.
La création de tennis – études, la mise sur pied d’un encadrement technique de haut vol n’étaient pas pour rien dans cette évolution encourageante.

Cette année là, le titre revint fort logiquement à Noah. Numéro 13 mondial à l’ATP, il se devait de confirmer sa supériorité au plan national. Pas très chaud pour défendre sa couronne conquise pour la première fois en 1979 à Nice, le franco – camerounais réussit un excellent tournoi avec sérieux. En finale, il s’attendait à affronter son copain Portes, numéro 2 dans la hiérarchie nationale et auteur d’un remarquable mois d’août – septembre aux States. Mais Portes subit la loi en demi finale du jeune Tulasne dont les progrès à pas de géant au milieu de l’année 1980 furent absolument impressionnants.

Pas de complexe ce garçon. Surnommé le « petit Borg », manquant parfois de modestie et « roulant des mécaniques » à chacune de ses apparitions, le jeune Tulasne ne faisait néanmoins pas l’unanimité auprès de la gent féminine, épaisse couche d’acné oblige.

Et ce fut encore avec la volonté de gagner que Tulasne aborda sa finale du National contre Noah. Et l’on crut bien qu’il allait encore réussir son entreprise lorsqu’il s’adjugea le premier set 6/4. Mais il lui manqua encore une certaine densité physique pour résister à Noah dont la côte avec les filles ne cessait de monter.

Puissance, service, volet et coup droit furent les atouts précieux permettant au 13ème mondial de 20 ans de gagner les 3 sets suivants sur le score sans appel de 6/2 6/2 6/3. Face au n°1 français, Tulasne redevint alors un joueur plus que chétif.

Et Noah doubla même la mise en double messieurs en compagnie de Portes face à la paire vieillissante Dominguez – Naegelen sur le score ultra serré de 5/7 4/6 7/6 6/3 8/6. Dominguez, alors chevelu comme un homme des cavernes, put regretter les nombreuses occasions manquées dans cette partie. Il est vrai que Noah et Portes, fatigués, avaient accumulé les sets en simple…

1980, Le National