L’affaire Guillermo Vilas à Rotterdam
1983 : L’affaire Guillermo VILAS à Rotterdam, les prémices du dirigeantisme dans le tennis

Idole d’un pays, l’Argentine, mobilisateur d’un continent, l’Amérique du Sud qui découvrit le tennis à travers ses exploits, ami fidèle, travailleur acharné (une épaule gauche hypertrophiée par les heures d’entraînement), modèle de sportivité et de combativité, meilleur joueur du monde en 1977, vainqueur à Roland Garros et à Forest Hills, poète sincère, passionné de musique, homme accompli, tout cela n’a pas empêché le beau Guillermo d’être cité au banc de accusés pour un règlement de comptes en fait politique qui ne le concernait pas vraiment
Accusé sans preuve réelle jusqu’à ce jour de 1983, victime d’un acte de délation pour « dessous de table », Guillermo Vilas a été dénoncé par le tournoi de Rotterdam en échange d’un acquittement pour des fautes commises par ses organisateurs.
Qui voudrait privé ce joueur admiré de tous et surtout de toutes - n’est-ce pas Mesdames ? - de cette passion : le tennis.
Il est vrai que l’Argentin, velu comme un grizzli, n’a jamais laissé indifférente la gent féminine. Quand il est sur le circuit, le « matador des courts » laisse souvent entendre que, chaque soir, une jolie fille différente entre dans sa chambre d’hôtel.
Et d’après certaines, ses performances et exploits ne se limiteraient pas au tennis et à son seul manche de raquette. Mais là n’est pas le sujet…
Un an de suspension. Un an sans jouer. Peu importe qu’il ait trente et un ans, quinze ans ou cinquante ans. Un an pour rien.
Condamné à ne plus pratiquer son sport lorsque l’on sait que des milliers de joueurs se tiennent comme des « cochons » tous les jours sur un court et en toute impunité.
Allons, une fois de plus on sectionne, à priori, à l’aide d’un règlement qui ne sera plus le même en 1984 (voir la condamnation de Jimmy Connors en 1974 pour l’Interville, ou celle de Borg pour le nombre de tournois du Grand Prix à jouer en 1981).
Allons, messieurs du Conseil et les représentants des joueurs, réfléchissez un peu, ce n’est pas en sanctionnant aveuglément que l’on fait avancer le tennis. Et ce n’est sûrement pas en tapant dans le dos d’un Vilas que l’on gagne en crédibilité aux yeux du public qui est le nerf de la guerre dans ce sport devenu aussi un grand spectacle et un phénomène de société.
Comme l’a dit Mc Enroe à Wimbledon après sa victoire face à Chris Lewis, pour défendre Guillermo : « Il ne faudrait pas que certains dirigeants croient être les vedettes d’un sport dont ils sont, pour la plupart, que des exécutants ».
Quant à Yannick Noah, suspendu lui aussi plusieurs semaines pour ne pas s’être présenté sur le court lors de la Coupe des Nations à Dusseldorf alors que tout le monde l’attendait (public, joueurs, arbitres), il se range bien évidemment derrière Vilas: « Par respect pour Guillermo, je ne participerai plus au tournoi de Rotterdam durant quelques saisons »
Avertissement solennel et avisé. Oui messieurs les bureaucrates, attention à cette maladie pernicieuse que l’on appelle le dirigeantisme.






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